Année 2011-2012 : 8 novembre 2011

Considérations scientifiques sur le Linceul de Turin,

par Alain SEGAL

 

Alain Segal nous avait déjà présenté une conférence en décembre 2010, qui s’appuyait sur un poème de Malaparte et évoquait les soldats italiens tombés durant la Grande Guerre en défendant notre pays. C’est avec la même chaleur qu’il évoque cette fois le Linceul de Turin. Alain Segal était médecin spécialiste et sa connaissance de la science médicale lui permet de rendre compte, en toute objectivité, de l’évolution des recherches opérées sur le Linceul pour en déterminer l’origine.

Distinction est d’abord faite entre le linceul de Turin, et le suaire d’Oviedo (Espagne) ou la tunique d’Argenteuil, sur lesquels Alain Segal nous apporte les précisions nécessaires, mentionnant un fait troublant : le sang qu’on y trouve appartient dans les trois cas au même rare (7 %) groupe sanguin, abondamment présent chez les sémites.

Au fil de sa conférence, Alain Segal nous raconte l’histoire du linceul, vénéré à Byzance, sans doute cédé par l’empereur à Louis IX, disparu plus d’un siècle, réapparu à Lirey en Champagne, disparu puis réapparu à Chambéry, où il est victime d’un incendie et réparé par les Bénédictines. Devenu propriété de la Maison de Savoie, celle-ci le transporte à Turin où par la suite elle en fait cadeau au Vatican.

En même temps son origine est contestée et les scientifiques crurent longtemps à un faux créé au Moyen-Age, jusqu’aux découvertes les plus récentes.

Tout commence avec l’ostension de 1898 qui permet les premières photographies. On constate alors avec stupeur que le négatif photographique est un positif et vice-versa. Par la suite les progrés de la photographie, sans expliquer le phénomène, feront apparaître, en même temps que d’autres indices surprenants, les signes de tortures et de blessures qui correspondent étroitement à celles de Jésus de Nazareth.

C’est ensuite l’histoire passionnante des découvertes successives sur le linceul, faites par les savants de toutes disciplines, qui est exposée l’une après l’autre par Alain Segal. Parmi les nombreux scientifiques dont il nous détaille les découvertes, on retient le premier, Paul Vignon, et surtout André Marion qui a sans doute le plus inspiré notre conférencier, sans oublier les étonnantes expériences du médecin légiste Pierre Barbet. Et parmi les scientiques italiens, la plus récente, Maria Grazia Siliato.

En même temps nous sommes impressionnés en apprenant dans le détail les nombreuses constatations faites chaque fois sur le Linceul et qui rappellent de près les citations des évangiles.

L’affaire du carbone 14 surprend et divertit. L’origine des erreurs commises par trois savants travaillant chacun de son côté, est expliquée minutieusement, livrant la voie aux hypothèses qui furent ensuite développées, et qui font remonter la date du linceul au temps de Jésus.

En passant, des constatations secondaires nous surprennent ou nous émeuvent, telle l’origine prêtée au linceul, de l’image impressionnante du Christ dans l’iconographie byzantine, ou le lien qu’aurait eu le linceul avec le destin des Templiers.

Les acorfiens ont suivi avec enthousiasme cette conférence, exprimée avec compétence dans un entrain communicatif largement partagé. Captés comme s’il s’agissait d’une enquête se développant sous leurs yeux, ils n’ont pas ménagé à la fin leurs applaudissements. Leurs questions, pertinentes et variées, apportaient une preuve de plus de leur très grand intérêt.

Ce bref compte rendu voisine avec l’invitation faite au lecteur, de télécharger le texte entier de la conférence, en s’assistant de préférence des vues elles aussi téléchargeables qui ont été montrées en même temps.

 

©ACORFI