Année 2010-2011 : 25 janvier 2011

L'unité italienne, (1re partie)
espoirs déçus jusqu'en 1850,

par Gérard LAUVERGEON

 

La salle était comble pour cette conférence très attendue, dont les acorfiens attendaient beaucoup. En effet, les péripéties de la longue période qu’on appelle Risorgimento ne sont pas faciles à appréhender. Gérard Lauvergeon a su rendre pour nous limpide cette histoire compliquée, montrer son rapport avec notre propre histoire, et nous en faire voir les conséquences qui ont suivi pour l’Italie.

Toutefois, la densité de la conférence ne permet pas d’en rendre un compte rendu fidèle et détaillé, pour lequel nous préférons inviter les lecteurs à écouter les enregistrements qui en ont été faits. Citons plutôt quelques-uns parmi les passages qui paraissent avoir le mieux marqué nos adhérents.

Et d’abord le terme Risorgimento (résurgence), comment est-il né, se demande le conférencier, citant ensuite ceux qui l’ont employé les premiers. On apprend ainsi que le terme apparaît au 18° siècle, employé par Saverio Bettinelli, et surtout par Alfieri, qui disait : “l’Italie enchaînée resurgira libre et unie”.

Le conférencier nous montre aussi, s’appuyant sur des cartes sobres mais très claires , comment au début du Risorgimento l’Italie était partagée en une dizaine d’états, de système féodal, et en partie sous l’influence autrichienne.

Bien d’autres faits ont capté l’attention, mais retenons combien la révolution française et le premier Empire eurent une influence décisive sur l’évolution des idées en Italie, par l’exaltation de la liberté, les choix de république, de centralisation, la concentration en trois états, et l’instauration du code civil. Les aspects négatifs ne sont pas mis de côté par le conférencier, s’agissant du prélèvement des œuvres d’art italiennes, des tentatives de francisation, ou des couronnes offertes à la famille Bonaparte - avec un clin d’œil pour les réflexes tout italiens de la famille.

Avec le Congrès de Vienne l’Italie revient en arrière, divisée en huit états, en grande partie soumis à l’Autriche, et sous l’influence du Pape qui a retrouvé son pouvoir temporel.

Mais l’idée de l’Unité a pris son essor, et anime les soulèvements républicains des fidèles de Mazzini, les “Carbonari”. Comme il est démontré, ce ne sont pas de vrais soulèvements populaires, car ils sont limités aux villes et à la bourgeoisie. On souligne toutefois l’appui des artistes et des hommes de culture (Mazzini, Silvio Pellico, d’Azeglio, mais aussi Rossini, Verdi, Carducci, et bien d’autres).

Le soutien du Piémont aux revendications de l’Italie du Nord l’entraîne dans des guerres fréquentes avec l’Autriche où il est constamment défait (cartes et vues illustrent ces campagnes). La première partie se termine sur un constat : l’Italie a besoin pour se libérer d’un appui extérieur, que lui apportera la France. De même les forces des républicains sont insuffisantes, et c’est la monarchie piémontaise qui désormais réunit les espoirs de liberté et d’unité. La conférence qui suit décrit comment les italiens ont atteint ces objectifs.

 

©ACORFI