Année 2017-2018 : 9 janvier 2018

Hommage à l'action de Pierre Staelen,
au bureau de l'ACORFI

Texte prononcé par Claude Viviani

 

La première fois que j’ai rencontré Pierre, c’était à occasion d’une conférence de l’ACORFI, au titre prometteur « Les sites Internet en Italie ». Cela ne nous rajeunit pas, c’était au XXe siècle, plus exactement le mardi 15 décembre 1998. Ils étaient deux à officier Pierre et Yves-Didier Broussoux, l’époux de la présidente d’alors : Gisèle. Si je me souviens bien, quelques difficultés techniques refroidirent un peu l’enthousiasme des deux protagonistes et celui du public, mais l’Internet d’alors était souvent chancelant. Ma femme m’avait fortement incité à venir, puisque je lui parlais souvent de cet internet que j’avais découvert six ans auparavant, cet outil qui avait remplacé le télex au cœur de l’enseignement maritime mondialisé. J’ai du lui dire que j’en connaissais sans plus qu’eux, mais rien n’y fit, nous avons poussé la porte de la salle Deschamps, me semble-t-il, où de nombreux inconnus attendaient d’être informé à propos d’une religion en devenir : Internet. Un petit homme aux yeux bleu très clair prit la parole, c’était Pierre Staelen.

J’ai établi la liste des 29 conférences que Pierre a donné à l’Acorfi, entre le 15 octobre 1996 et le 22 mars 2016, 29 conférences en 19 ans et 5 mois, ce qui correspond à 3 tous les 2 ans en moyenne…
J’ai essayé de répartir les thèmes par catégories, ce ne fut pas facile, un vrai catalogue à la Prévert. Voici à quelle classification j’ai abouti : histoire 10, économie-entreprise : 9, donc le reste 10, si j’affine : géographie 3, sport : 2, cinéma : 2 sociologie : 1, internet : 1 et politique : 1. Souvent ces thèmes sont croisés avec la littérature (Goethe, le polar italien, etc…)
Quel éclectisme ! Mais pas seulement, c’est aussi une volonté de ne pas faire prononcer des conférences de spécialiste, mais plutôt en tant que membre d’une association, où doit primer la convivialité, proposer à ses amis des causeries, des exposés sur les sujets les plus variés.

Bien sûr, plus que tout le monde il connaissait son Italie sur le bout de la langue, même s’il est le plus polyglotte de nous tous et il n’apprend pas une langue que pour s’exprimer, mais surtout pour appréhender la civilisation qui la berce.

Alors notre Pierre n’est-il qu’un brillant « exposeur », je sais qu’il préfère ce terme à celui de conférencier ? Non, ses ressources sont presque infinis :

Pendant les conférences, il est au premier rang, son stylo à la main, il griffonne sur un petit carnet. Quelques jours plus tard, Marie-Chantal ou moi, nous recevions ses comptes rendus que nous allons placer sur notre site web, brillante synthèse de la séance : l’ambiance et le contenu sont fidèlement restitués, parcourez ces textes sur notre site, ils sont remarquables.
J’ai choisi de vous en proposer un, le plus bref, c’était déjà un jour de Befana, le 14 janvier 2014, avant le pot, Colette Blondeau nous lisait du Dino Buzzatti.

Eh bien, Pierre, tu nous manques déjà beaucoup, aussi pour ces résumés, rôle pour lequel tu n’as pas été remplacé. Nous devons reprendre ton flambeau, car ces comptes rendus des activités sont la mémoire d’une organisation, ils expriment son histoire, sa continuité, sa qualité. C’est difficile de succéder à quelqu’un qui a produit des écrits d’une telle justesse. Dans l’association amie G. Budé, un monstre sacré Georges Dalgues ciselait des comptes rendus fleuris, hauts en couleurs, un jour André Lingois dû lui succéder, je pense que ce ne fut pas sans appréhension, il est devenu à son tour une référence dans un style resserré et plein d’humour. Je fais donc appel à vous pour que quelques volontaires s’essayent à relancer cette activité absolument nécessaire, s’ils sont plusieurs ce ne sera d’autant moins lourd…

Dans le rôle de mémoire de l’ACORFI, tu fus aussi très présent, lorsque j’ai réalisé le site web de l’ACORFI, c’est toi qui a fouillé dans les archives, pour retrouver les titres des conférences, les textes qui alors les accompagnait, il y a quelques années encore nous remettions aux spectateurs une page souvent double, destinée à éclairer et prolonger le propos, c’est sans doute dommage qu’elles est disparue…

Enfin tu étais toujours là pour aider Geneviève dans sa lourde tâche, en particulier durant les voyages et leur préparation avec Jean-Paul…

Merci, Pierre, pour ton éclectisme, tes compétences et ta gentillesse. Je ne te dirai pas « au revoir », puisque tu vas encore nous accompagner un bon moment, je pense.

 

Écouter l'hommage à Pierre Staelen, prononcé par Claude Viviani

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