Année 2015-2016 : 02 février 2016

Création des théatres publics et de l'opéra baroque au début du seicento par la Sérénissime,

par Graziella BAIO-LECLAIR.

 

En présentant la conférencière Graziella Baio-Leclair, la Présidente rappelle qu'elle était notre guide lors du premier voyage en Italie, les villas vénitiennes, en 2007, ce qui nous permit d'apprécier sa vaste culture. Nous avons aussi pu admirer ses talents de conférencière quand elle nous présenta en 2009 les “Scuole Grandi di Venezia”.

Dans ce même domaine de l'histoire des arts, Graziella nous a cette fois éclairés sur la musique baroque. Ce fût une conférence très bien construite, riche d'informations, attrayante de bout en bout, et dispensée en un français exemplaire. Le sujet de la conférence était comment l'apparition des théâtres publics à Venise au 17° siècle, et leur évolution, avaient permis cette nouveauté, la représentation des concerts et des opéras baroques, bien que la ville fût entrée dans un grave déclin économique.

Car tandis que la Contre Réforme se poursuivait en Italie et en Europe, la création de l'opéra et de la musique profane trouvait dans la République de Venise un terrain de prédilection. Pourquoi Venise ? Graziella nous l'explique très simplement, par le fait qu'à la République de Venise les pouvoirs de l'église et ceux de l'état étaient restés séparés. Et poursuivant, elle nous raconte toute l'histoire musicale de Venise à cette époque.

De manière très précise, la conférencière explique l'organisation et le fonctionnement des théâtres vénitiens du 17° siècle, et avec pittoresque nous décrit leur public. Elle continue de la même façon pour les salles de concert qui furent aménagées dans les hôpitaux de Venise à la même époque, et nous dévoile le secret des choeurs de jeunes filles rendus célèbres par la musique de Vivaldi et de ses contemporains.


 
 

Une profonde connaissance des moeurs et usages de sa ville est à la base de ses explications. Graziella nous explique très simplement sa Venise, sa grandeur et son histoire, qu'elle sait sur le bout des ongles. Elle connaît tout aussi bien la “petite histoire” des grandes familles, leur genre de vie, comme la chronique de chaque église de la ville, existante ou disparue, même la plus modeste, ou la vie des artistes, leurs particularités, leurs protecteurs, et elle sait aussi partager les sentiments qui animaient les vénitiens de l'époque, pour être mieux à même de nous les faire comprendre.

Elle a su également meubler ses récits de remarques ou d'anecdotes, faisant mieux vivre dans nos mémoires les personnages qu'elle évoquait. C'est ainsi qu'on a bien apprécié voir de près les personnages illustres saisis par Véronèse dans les “Noces de Cana”, tout en apprenant les noms de leurs instruments désormais quasi abandonnés. On a aussi appris quantité de faits nouveaux, insolites ou curieux, tels les “affetti” de la musique baroque, les “putte” et leur destin, Néron interprété par les castrats... En passant nous sont expliqués les liens familiaux des artistes, ou la spécialisation des théâtres, l'utilisation des loges à des fins inappropriées, la dissolution des moeurs, et tout ce qui est utile ou divertissant, si bien que tout naturellement nous vient le conseil de l'écouter sur ce même site, puisqu'elle a été enregistrée. On pourra ainsi entendre, ou réentendre, l'extrait de “L'Orfeo” de Monteverdi, qui fût exécuté pour la première fois à Mantoue en des circonstances que Graziella nous a bien expliquées, doublant ainsi le plaisir de notre écoute.


 
 

Après les applaudissements nourris de la salle, on eut une profusion de questions des acorfiens, se concentrant toutefois sur le carnaval, de nos jours principalement, le vol de l'ange, les costumes. Graziella y répondit volontiers et dans le détail,tout en nous narrant ses expériences, et sa relation du vécu nous permit ainsi de retrouver la Venise d'aujourd'hui.