Année 2014-2015 : 10 mars 2015

Victor Hugo et Alexandre Dumas  supporters de Garibaldi,

par Claude ALSAC.

CA1CA2On sait combien la vie de Garibaldi fut mouvementée et abondante en évènements de toutes les sortes. Aussi semblait-il impossible de l'exposer en une seule fois à l'Acorfi. Mais notre conférencier Claude Alsac eut l'habileté de traiter le sujet à travers les interventions, en faveur de Garibaldi, opérées par nos grands écrivains Alexandre Dumas et Victor Hugo. Nous eûmes ainsi une présentation très divertissante, animée de bout en bout, remplie de traits insolites et piquants.

L'histoire principale commence par le retour de Garibaldi en Europe, après un aperçu des faits d'armes, fertiles en rebondissements, de Garibaldi en Amérique Latine, tandis qu'il s'était mis au service des états en création là-bas. Centrée sur les actions de Garibaldi, qu'elle réduit à l'essentiel, elle se termine par la fin du héros et l'écoute solennelle de l'hymne créé en son nom.

Le fil historique est renforcé par la vision de tableaux chronologiques des faits importants, accompagnés d'illustrations souvent très impressionnantes, ou d'un choix de caricatures fort amusantes, bien dans l'esprit de cette époque.

On a suivi avec un vif intérêt la relation de ces évènements que nous apportait Claude Alsac, leurs implications et leurs conséquences, expliquées d'un ton spirituel et léger qui rendait simple et abordable une histoire pourtant si riche, et combien mouvementée. Les citations de nos grands hommes en faveur de Garibaldi, tout en apportant du vécu à la démonstration, montraient bien le rôle important de leurs interventions sur l'opinion générale dans notre pays, opinion essentielle en ces temps-là pour le destin de l'Italie.

L'excellent choix de ces citations était, dans un souci d'authenticité, complété de textes émanant d'orléanais bien connus, d'origine ou d'adoption.

La présence d'Alexandre Dumas en Italie à côté de Garibaldi dès le débarquement des Mille, lui consent d'assumer un rôle actif, que ne compromet pas la présence à bord de son yacht de sa maîtresse, qu'on appellait “L'Amirale”.

On a bien aimé le relief prêté aux caractères des deux écrivains, qui parfois se laissaient entraîner par leur tempérament. Il en résultait des déclarations ou des situations racontées avec beaucoup d'humour par le conférencier. L'énumération des couleurs politiques successives de Victor Hugo fit bien rire la salle, sans rien retirer au grand homme. On rit aussi à bien des anecdotes, comme l'origine de la couleur rouge des chemises des garibaldiens (un solde d'étoffe destinée au personnel des abattoirs), et plus tard leur confection à bord du yacht de Dumas par les quatorze tailleurs napolitains qu'il avait enrôlés. On s'amusa aussi du faux mariage de Garibaldi, qui aurait pu n'être qu'une malheureuse histoire, et devint matière à rire par l'expédient trouvé dans le contrat autrichien qui avait sanctionné cette union.

Plus loin c'est tout le lyrisme de Victor Hugo qui est mis en valeur par notre conférencier, dans le poème “Mentana” qui compare la grandeur patriotique de Garibaldi à la petitesse de Napoléon III, et aussi son intervention à la Chambre en faveur de Garibaldi, suivie de sa remise de démission.

Mais en même temps les traits essentiels du caractère de Gatibaldi, son héroïsme, sa folle intrépidité, et surtout l'amour qu'il portait à l'Italie, ne manquèrent pas d'impressionner l'assistance, qui marqua longuement par ses applaudissements, accompagnés de questions nombreuses et variées, la grande satisfaction retirée de cette belle soirée.

©ACORFI