Année 2014-2015 : 6 janvier 2015

"La Befana" par Françoise LABRETTE,

suivi de

"Symphonie en Mi'niature" par Alain BARBIER



 

françoise

 

La Befana de cette année se déroule en plusieurs parties. La première est la lecture, donnée en français, de la célèbre poésie de Giovanni Pascoli intitulée “Elle vient, elle vient La Befana”.

Ce n’est pas facile de restituer dans une autre langue la musique italienne de cette poésie, qui transporte les adultes dans le monde enchanté des enfants. Françoise Labrette notre lectrice, qui pourtant a dû faire sa lecture dans des conditions difficiles, a su relever cette gageure, par les changements de rythme, les inflexions, le ton mesuré de sa voix, qui nous ont ravis.

La Befana visite tous les foyers; le contraste de deux foyers, l’un pourvu, l’autre dépourvu, et des deux mamans, rattriste son front, mais inlassablement elle poursuit, poursuit son voyage, et la lecture se termine d’un coup, comme la poésie.

Françoise Labrette, très applaudie, poursuit par un autre sujet : elle nous explique la tradition italienne de la Befana, ses origines et ses coutumes, tandis que défilent à l’écran des images très bien choisies illustrant ses propos.

 



AlainC’est maintenant le tour de Marie-Chantal Chalot, de nous présenter l’invité qui anime la suite de la soirée, Alain Barbier. Elle nous décrit ses deux passions : la guitare classique, et l’exécution de maquettes à l’échelle d’instruments de musique rares ou disparus. C’est la collection issue de cette deuxième passion qui nous est présentée ce soir. Marie-Chantal souligne en passant les liens de l’artiste avec l’Italie, par les modèles présentés ou les conservateurs de musées d’instruments de musique.

C’est alors que toute la collection installée par Alain Barbier nous apparaît en pleine lumière, saluée de nos exclamations émerveillées. Très simplement, Alain Barbier explique : c’est par renoncement au tabac qu’il est en venu à ce passe-temps, lequel très vite est devenu une passion.

Il y consacre en moyenne 5 à 600 heures par an, depuis 35 ans, et sa collection atteint maintenant 47 maquettes, presque toutes présentées ici. La date de fabrication de l’original est indiquée, et l’on s’aperçoit que certains des modèles sont très anciens.

Un à un il nous les décrit, ajoutant ici et là une précision ou une anecdote. Il s’attarde un peu sur les nombreuses maquettes d’instruments italiens, comme la mandoline milanaise, la “viola organista” de Léonard de Vinci et la sculpture originale de son revers, le luth de Bologne, la mandolyre de Naples. Il présente des instruments de toutes origines, comme la pipa chinoise vieille de 23 siècles, dont il décrit fidèlement les sons produits. Pour chaque instrument il délivre un petit récit.

Son souci d’exactitude l’a porté à solliciter les administrateurs des musées, de Milan, de NewYork, afin d’obtenir des précisions ou les vues qui lui seraient nécessaires. Il est méticuleux à l’extrême : a-t-il besoin d’ivoire, il le trouvera par les boîtes à cheveux de jadis; il suit scrupuleusement semble-t-il l’avancement de son travail, notant la date de début d’une exécution, et celle de la fin. Sa collection est unique, et lui a vallu plusieurs titres honorifiques, dont la médaille d’or de l’Académie des Arts, Sciences et Lettres.

Sans surprise, cette présentation exceptionnelle faite à l’Acorfi, une fois arrivée à son terme, fit jaillir quantité de questions : sur les matériaux utilisés (bois blanc, ébène, acajou, buis, tilleul...), sur la minutie exigée (jusqu’à 1.000 pièces de marqueterie pour un instrument), sur la valeur de sa collection (on n’a rien pour comparer), sur un prolongement par l’activité de luthier (c’est un autre métier), etc... Et en clôture de nouveaux applaudissements traduisaient toute l’admiration des acorfiens pour une réalisation hors du commun.



 

©ACORFI